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Togo : Une grève de la faim collective à la prison civile de Lomé

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Une grève de la faim collective à la prison civile de Lomé
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Une grève de la faim collective d’ampleur inédite a débuté samedi dernier à la prison civile de Lomé. 27 prisonniers considérés comme politiques protestent contre leurs conditions de détention et réclament leur libération immédiate.

Initiée le 8 novembre par Goma Abdoul Aziz, citoyen irlandais d’origine togolaise, et Koumayi Grâce, sage-femme et militante des droits humains, cette action de résistance pacifique a rapidement pris de l’ampleur.

Depuis lundi, 25 autres détenus ont rejoint le mouvement, transformant cette protestation individuelle en une mobilisation collective sans précédent dans les prisons togolaises.

Parmi les grévistes figurent Ali Moumouni, Waliou Moukaila, Batcha Laminou, ainsi que de nombreux autres activistes arrêtés ces dernières années. Tous dénoncent ce qu’ils qualifient de « détention arbitraire, torture, procès inéquitables et refus persistant de justice » de la part des autorités togolaises.

Au cœur de cette protestation se trouve le cas de Goma Abdoul Aziz, détenu depuis le 21 décembre 2018. Sa détention a été qualifiée d’arbitraire par le Groupe de travail des Nations Unies sur la Détention Arbitraire.

Selon ses soutiens, son état de santé s’est gravement détérioré durant sa détention, malgré les appels répétés à un traitement humanitaire.

Le 3 février dernier, il a comparu devant un tribunal togolais dans ce que ses défenseurs décrivent comme « un procès manifestement inéquitable, sans preuves tangibles, ni respect du droit à la défense ».

En septembre 2025, le Parlement européen a adopté une résolution historique exigeant sa libération immédiate et inconditionnelle, ainsi que celle de tous les prisonniers politiques au Togo. À ce jour, aucune mesure concrète n’aurait été prise par Lomé.

Dans une déclaration transmise depuis la prison, Goma Abdoul Aziz a expliqué les motivations de cette action radicale : « Nous entamons cette grève de la faim non pas par désespoir, mais par conviction. Quand la justice se tait, nos corps deviennent notre dernier cri. Nous exigeons notre liberté et celle de tous les prisonniers politiques au Togo sans exception. »

Koumayi Grâce, qui participe au mouvement depuis son lit d’hôpital où elle serait soignée, aurait été « détenue et torturée à plusieurs reprises » selon le collectif de soutien.

Elle a décidé de rejoindre cette protestation pour dénoncer « la répression, la persécution et la criminalisation des voix dissidentes au Togo ».

Le collectif « Togo Rights & Freedom Network-UK », basé en Angleterre et coordonné avec le Collectif des Prisonniers d’Opinion au Togo, a lancé un appel urgent à plusieurs acteurs internationaux :

Au gouvernement togolais, pour qu’il mette fin immédiatement à la détention arbitraire et aux mauvais traitements allégués. 

À la Cour de justice de la CEDEAO, pour veiller à l’exécution de ses décisions.

À l’Union européenne et à l’Irlande, pour assurer une protection consulaire et humanitaire immédiate.

Aux organisations internationales (ONU, FIDH, Amnesty International, Human Rights Watch), pour mobiliser leurs mécanismes d’intervention d’urgence

Le collectif a annoncé qu’il publiera des mises à jour quotidiennes sur l’état de santé des grévistes et l’évolution de la situation.

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