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Société

Togo : la SMPDD en première ligne pour la réinsertion des ex-détenus

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Togo
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Les établissements pénitentiaires du Togo ont connu, vendredi 2 janvier, une affluence inhabituelle. C’est à la suite de la libération de 1 511 détenus, bénéficiaires de la grâce présidentielle accordée par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé. Si cette mesure humanitaire suscite un immense soulagement parmi les familles, elle met surtout en lumière un enjeu central : la réinsertion sociale et économique des anciens détenus, au cœur de l’action de la Solidarité Mondiale pour les Personnes Démunies et les Détenues (SMPDD).

À la prison civile de Lomé, la mise en œuvre de la mesure a été supervisée par le directeur de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion (DAPR), Idrissou Akibou, en présence des responsables de l’administration pénitentiaire et d’acteurs de la société civile engagés dans l’accompagnement post-carcéral.

S’adressant aux ex-détenus, le DAPR a transmis les vœux de Nouvel An du Président du Conseil et du gouvernement, tout en les exhortant à transformer cette liberté retrouvée en opportunité de reconstruction personnelle.

« Il y a une vie après la prison », a-t-il rappelé, insistant sur la responsabilité individuelle et la nécessité d’éviter toute récidive.

La SMPDD, un acteur clé de l’après-prison

Au-delà de la mesure de grâce, l’attention s’est portée sur le travail de terrain mené par la SMPDD, organisation togolaise engagée depuis plusieurs années dans l’accompagnement des détenus et ex-détenus vers l’autonomie. Son président, Coco de Koffi Woenagnon, lui-même ancien détenu, incarne cette trajectoire de résilience et de réintégration réussie.

Selon ses explications, l’association a mené des actions de recensement dans les quatorze prisons du pays, identifiant 535 ex-détenus, dont 250 à Lomé, qui bénéficieront d’un appui concret à la réinsertion. Cet accompagnement portera notamment sur la formation professionnelle, l’insertion dans des activités génératrices de revenus et le suivi social.

« Dehors, la liberté est exigeante. Il faut s’accrocher, croire en soi et travailler honnêtement pour réussir », a déclaré le responsable associatif, soulignant que la réinsertion est un processus qui nécessite encadrement, patience et opportunités économiques réelles.

Une grâce présidentielle aux enjeux durables

La SMPDD s’est par ailleurs félicitée de l’attention portée par le Président du Conseil à l’amélioration des conditions carcérales et à la problématique de la réinsertion. Pour l’association, cette grâce présidentielle constitue un signal fort en faveur de l’humanisation de la justice togolaise, à condition qu’elle s’accompagne de politiques publiques et de partenariats durables en faveur des ex-détenus.

Si l’émotion et la joie dominent dans les familles, les défis structurels du système carcéral togolais demeurent entiers : comment prévenir la récidive ? Comment valoriser le potentiel d’une jeunesse longtemps marginalisée ? Et surtout, comment faire de la prison une étape de reconstruction plutôt qu’une impasse sociale ?

Autant de questions auxquelles des organisations comme la SMPDD tentent déjà d’apporter des réponses concrètes, sur le terrain, aux côtés des anciens détenus.

…Togo…

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