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Société

Santé : les médias, derniers remparts contre l’oubli des Maladies Tropicales Négligées

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Médias – Réunis à Cotonou, les 29 et 30 janvier 2026, à l’occasion du 4ᵉ Forum des médias sur les maladies tropicales négligées (MTN)

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Médias – Réunis à Cotonou, les 29 et 30 janvier 2026, à l’occasion du 4ᵉ Forum des médias sur les maladies tropicales négligées (MTN), journalistes africains, experts de la santé et responsables politiques ont tiré la sonnette d’alarme. Alors que le continent enregistre des avancées sans précédent dans l’élimination de ces maladies, la baisse des financements menace leur pérennité. Face à ce risque, les médias africains sont appelés à sortir de la simple couverture événementielle pour devenir des acteurs centraux du plaidoyer, de la mobilisation et du changement.

Organisé par le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN), en partenariat avec la Gates Foundation, Speak Up Africa et la Fondation Raoul Follereau, le forum vise un objectif clair : placer les médias au cœur de la riposte contre les MTN, non plus comme simples relais d’informations, mais comme véritables leviers de plaidoyer, de redevabilité et de mobilisation politique.

Placée sous le thème « De la négligence à la mise en lumière : faire avancer l’agenda africain pour l’élimination des MTN », la première journée a donné le ton. Le panel inaugural, consacré à l’état des MTN en Afrique, a permis de mesurer l’ampleur des progrès, mais aussi leur vulnérabilité face à l’essoufflement des soutiens financiers.

« Plus de 24 pays africains ont éliminé au moins une maladie tropicale négligée », a rappelé le Dr Raoul Saïzonnou, Conseiller NTD à l’OMS/Bénin. Le Togo a été cité comme un cas emblématique, devenant en 2022 le premier pays au monde à éliminer quatre MTN, suivi du Bénin et du Ghana, chacun avec trois maladies éliminées à l’échelle nationale.

Mais derrière ces résultats encourageants, des défis majeurs persistent. La baisse et la réorientation des financements menacent directement la continuité des programmes. Une situation qui pourrait conduire à une stagnation, voire à un recul des progrès, dans des systèmes de santé déjà fragiles.

Face à ce risque, les intervenants ont souligné la nécessité de renforcer les investissements nationaux et, surtout, de s’appuyer sur des médias africains capables d’interpeller, d’expliquer et de maintenir la pression sur les décideurs.

Outre les contraintes financières, plusieurs défis structurels ont été identifiés : effets du changement climatique sur la propagation des vecteurs, crises sécuritaires limitant l’accès aux populations vulnérables, inégalités de capacités entre pays, déficit de ressources humaines qualifiées et faiblesses persistantes dans la production et l’exploitation des données sanitaires.

Autant de sujets complexes qui, selon les participants, exigent un traitement médiatique rigoureux, contextualisé et continu, afin d’éviter que les MTN ne retombent dans l’angle mort de l’agenda public.

Les médias, moteurs du changement sanitaire

Au cœur du forum, le rôle des médias africains s’est imposé comme un axe central. Pour Youssouf Bamba, président du REMAPSEN, « les médias ne doivent pas être de simples observateurs. Ils doivent devenir des acteurs de changement, capables de susciter un engagement réel et durable dans la lutte contre les MTN ».

Un appel renforcé par le Dr Konan, qui a invité les journalistes à renouveler les récits, en mettant en lumière non seulement les statistiques, mais aussi les visages, les parcours et les impacts concrets des politiques de santé. « Nous avons besoin de nouveaux narratifs, capables de rendre visibles à la fois les succès, les urgences et les risques de relâchement », a-t-il insisté.

La deuxième journée du forum, ce 30 janvier, coïncidant avec la Journée mondiale de lutte contre les MTN, est consacrée à une visite de terrain au Centre de dépistage et de traitement de la lèpre et de l’ulcère de Buruli de Pobè. Une immersion pensée comme un outil journalistique à part entière, visant à ancrer les productions médiatiques dans les réalités humaines, au plus près des patients et des acteurs de terrain.

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