À Dapaong, dans le quartier Koutdjoag, un événement survenu après un accouchement au Centre hospitalier régional (CHR) alimente depuis plusieurs jours inquiétudes et tensions au sein d’une famille. La disparition du placenta d’un nouveau-né, élément auquel une forte valeur symbolique est accordée dans plusieurs traditions africaines, trouble la quiétude des proches de l’enfant.
Selon des informations rapportées par le site Laabali sur sa page Facebook, les faits remontent à la nuit du 23 février dernier. Une femme enceinte s’est rendue à la maternité du CHR de Dapaong, accompagnée de son époux, pour y accoucher. L’intervention se déroule normalement et l’enfant vient au monde sans complication.
Au petit matin, alors que la jeune mère se repose dans la salle de maternité, une voisine de la famille se présente à l’hôpital. Elle apporte de l’eau chaude destinée à la toilette de l’accouchée ainsi que de la nourriture. À ce moment-là, la nouvelle maman est seule dans la salle, son mari étant allé à la pharmacie pour acheter des médicaments prescrits.
Peu après le départ de la visiteuse, l’époux revient avec les produits pharmaceutiques et s’apprête à récupérer le placenta afin de procéder à son enterrement, conformément à la tradition familiale. C’est alors que la disparition est constatée.
Surpris, il interroge les personnes présentes dans la salle. D’après les informations qui lui sont rapportées, informe Laabali, la femme venue apporter de l’eau chaude aurait emporté le placenta. Selon les recoupements effectués par la famille, la nouvelle maman affirme que la voisine lui aurait suggéré, lors de sa visite, d’enterrer rapidement le placenta pour éviter qu’il ne se détériore. Elle indique également avoir remarqué que celle-ci avait ouvert le bocal dans lequel le placenta était conservé sous le lit.
De retour à son domicile, la voisine est interpellée par la famille. Mais elle rejette catégoriquement les accusations portées contre elle. Même devant le chef du quartier, elle maintient n’avoir jamais pris le placenta et invite les parents du nouveau-né à entreprendre les démarches nécessaires pour retrouver ce qui a disparu.
Face à cette situation, la famille décide de recourir à des pratiques mystiques afin d’identifier l’auteur présumé du vol. Toutefois, le jour fixé pour ces démarches, la femme soupçonnée disparaît de son domicile. Depuis mardi, elle demeure introuvable, ce qui accentue les soupçons et les inquiétudes.
Placenta toujours introuvable à Dapaong
Plusieurs semaines après la naissance de l’enfant, les parents ignorent toujours ce qu’est devenu le placenta. La joie liée à l’arrivée du nouveau-né s’est progressivement transformée en angoisse pour les proches.
Dans de nombreuses sociétés africaines, le placenta est considéré comme le « double » de l’enfant ou comme une partie de lui-même. Il fait généralement l’objet d’un rituel spécifique après la naissance. Souvent enterré près de la maison familiale, parfois au pied d’un arbre, ce geste symbolise l’enracinement de l’enfant dans sa terre d’origine et vise à lui assurer protection, santé et longévité.
C’est pourquoi la disparition du placenta d’un nouveau-né suscite, dans ces contextes culturels, une vive inquiétude chez les parents qui redoutent d’éventuelles conséquences spirituelles ou mystiques.
Avec Laabali