L’Association des personnes sourdes du Togo (AST) a organisé, les 5 et 6 août 2026 à Lomé, un atelier consacré à l’emploi des personnes handicapées auditives. Cette rencontre a réuni une quarantaine de participants issus notamment des administrations publiques, des entreprises, des organisations de personnes handicapées, des collectivités locales, ainsi que des personnes sourdes et des interprètes en langue des signes.
Placée sous le thème de l’emploi des personnes handicapées auditives, l’initiative vise à améliorer leur accès à l’emploi et à la formation professionnelle. Elle s’inscrit dans le cadre du projet « Le droit à la langue des signes à toutes les étapes de la vie ».
Pour Marcel Passoki, président de l’AST, l’accès à l’emploi des personnes handicapées, et particulièrement des personnes sourdes, doit être considéré comme une question de droit. « Le gouvernement fait déjà des efforts, mais nous voulons que des choses soient améliorées pour que tout le monde puisse avoir accès à l’emploi, surtout les personnes handicapées auditives », a-t-il indiqué.

L’atelier intervient dans un contexte où l’insertion professionnelle des personnes handicapées demeure un défi. Selon les données du RGPH5 de 2022, 10,73 % de la population togolaise vit avec un handicap. Les personnes handicapées auditives membres de l’AST sont, quant à elles, estimées à plus de 3 000. Malgré les dispositifs publics existants, elles restent confrontées à des difficultés d’accès à la formation, à l’emploi et aux équipements nécessaires à l’auto-emploi.
L’accessibilité, un préalable à l’inclusion
La première communication a porté sur les normes et standards d’accessibilité. Présentée par Mawuli Tukpo, point focal du programme SSF à la FETAPH, elle a permis de revenir sur les notions de normes, standards et accessibilité, ainsi que sur leurs fondements juridiques aux niveaux international et national. « C’est un engagement de notre État, ce n’est pas une faveur qu’on fait aux personnes handicapées, c’est une question de droit », a rappelé Mawuli Tukpo. Il a invité les différents participants, notamment les responsables d’entreprises, chefs de services et autorités traditionnelles, à agir chacun dans son domaine pour rendre les lieux publics, les espaces de travail et les cadres de vie davantage accessibles.
Pour les personnes sourdes ou malentendantes, cette accessibilité passe notamment par la disponibilité des spécialistes en langue des signes. Mawuli Tukpo a également insisté sur la nécessité de créer les conditions permettant aux personnes ayant une déficience auditive d’accéder dès le plus jeune âge à une éducation de qualité.
Des dispositifs pour faciliter l’accès à l’emploi
La deuxième communication, consacrée aux « secrets d’un demandeur d’emploi et aux exigences de l’employeur », a été animée par Adissa Kokou, point focal de l’ANPE sur les questions de handicap. Selon lui, la prise en compte des personnes handicapées est progressivement intégrée aux dispositifs d’accompagnement vers l’emploi. Le système d’enregistrement de l’ANPE permet notamment d’identifier les demandeurs en fonction de leur type de handicap. Certains projets prévoient également des quotas destinés aux personnes handicapées. Au-delà de l’accès à l’emploi salarié, les échanges ont également porté sur les secteurs d’activités rentables, les opportunités de formation professionnelle, l’auto-emploi et les possibilités de financement.

Pour Togbui Wozufia II, chef du quartier Tokoin Gbovié et participant à la rencontre, l’initiative constitue un pas important vers un changement de regard de la société. « D’habitude, nous voyons les personnes handicapées quémander dans les rues. Ce genre d’atelier va amener la population à prendre conscience et à chacun à son niveau de voir ce qu’il peut faire pour faciliter leur insertion professionnelle », a-t-il témoigné.













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