Adjourouvi – La rentrée solennelle de la Conférence du stage du Barreau du Togo pour la nouvelle année judiciaire s’est tenue vendredi 9 janvier 2026 au Palais des Congrès de Lomé.
Dans une atmosphère à la fois solennelle et fortement marquée par un plaidoyer en faveur de l’État de droit. Présidée par le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits humains, Pacôme Adjourouvi, la cérémonie a rassemblé de nombreuses personnalités du monde judiciaire togolais et de la sous-région.
Parmi les hôtes de marque figurait notamment le président du Sénat, Barry Moussa Barqué, aux côtés des chefs de juridictions, magistrats, avocats, notaires et huissiers de justice. Cette rencontre annuelle a également été marquée par la passation de charges à la tête du Barreau entre le bâtonnier sortant, Claude Folly Adama, et son successeur, Sambiani Yobé, devenu le 15ᵉ bâtonnier de l’histoire de l’Ordre des avocats du Togo pour un mandat de trois ans, assisté de douze conseillers.
Le thème retenu cette année, « La défense de la défense », a servi de fil conducteur à un discours dense et applaudi à plusieurs reprises par l’assistance. Pour le ministre de la Justice, ce thème dépasse largement une revendication corporatiste. Il constitue, a-t-il souligné, « un acte de fidélité à l’État de droit » et un rappel fondamental du rôle irremplaçable de l’avocat dans l’architecture judiciaire.
Dans son intervention, Me Pacôme Adjourouvi a insisté sur le caractère vivant et fragile de la justice, qui repose sur un équilibre délicat entre droits, devoirs et garanties. « Parmi ces garanties, la défense est celle qui conditionne toutes les autres », a-t-il affirmé, rappelant que nul ne peut être jugé équitablement si sa défense est affaiblie ou entravée.
Me Adjourouvi sur le rôle de l’avocat
Le Garde des Sceaux a tenu à lever toute ambiguïté sur le rôle de l’avocat dans le procès. « L’avocat n’est pas l’adversaire de la justice. Il en est un pilier », a-t-il martelé, précisant que l’avocat ne défend ni le crime ni l’illégalité, mais la personne et l’application loyale de la loi. Selon lui, la qualité d’une démocratie se mesure aussi à la manière dont elle traite ceux qui assurent la défense, y compris lorsque celle-ci dérange ou bouscule.
Dans cette perspective, défendre la défense revient, a-t-il expliqué, à protéger l’indépendance des avocats, le secret professionnel et l’égalité des armes, sans lesquelles le procès perd tout son sens. Mais cette protection implique également des responsabilités : rigueur, loyauté, éthique et refus de toute complaisance envers l’injustice.
C’est sans doute l’un des passages les plus marquants du discours qui a inspiré le titre de cette rentrée judiciaire. Le ministre a mis en garde contre les dérives d’une justice expéditive ou déséquilibrée : « Une justice rapide mais bâclée est une injustice. Une justice sévère mais déséquilibrée est une dérive », a-t-il déclaré. Tout en soulignant le devoir de l’État de garantir les moyens matériels, juridiques et institutionnels nécessaires à l’exercice effectif des droits de la défense.
Me Pacôme Adjourouvi a, par ailleurs, réaffirmé l’engagement des plus hautes autorités à bâtir une justice « forte, juste et ferme », mais aussi équitable, indépendante et respectueuse de toutes ses composantes. « Il n’y a pas de justice sans défense, et il n’y a pas de démocratie sans justice », a-t-il conclu.