L’Association des Personnes Sourdes du Togo (AST) a organisé, vendredi 12 juin à Lomé, un atelier de plaidoyer réunissant ses membres ainsi que plusieurs partenaires techniques et financiers (PTF) nationaux et internationaux. L’objectif est de renforcer la capacité des personnes sourdes à défendre leurs droits et à obtenir une meilleure prise en compte de leurs besoins dans les projets de développement.
Cette rencontre visait notamment à sensibiliser les partenaires au développement sur la nécessité d’impliquer les personnes handicapées auditives dès la phase de conception des projets qui les concernent. L’AST plaide également pour l’intégration systématique des interprètes en langue des signes dans les initiatives financées par les PTF.
L’atelier a été animé par Ghislain Solingobou Aledji, spécialiste en plaidoyer. Au cours de sa communication, il a présenté les fondements et les principes d’un plaidoyer efficace, soulignant qu’il constitue un levier essentiel pour la promotion des droits humains, la réduction des inégalités et l’amélioration de l’accès aux services essentiels.
Selon lui, tout plaidoyer doit partir d’un constat documenté et s’appuyer sur des données chiffrées. Il a également insisté sur l’importance de construire un message simple, cohérent et ciblé pour atteindre les décideurs.

« Les personnes handicapées sont aussi des citoyens togolais. Pourtant, le constat est que certaines organisations internationales et partenaires techniques et financiers qui interviennent dans le domaine du handicap mettent en œuvre des actions dans lesquelles les personnes sourdes restent exclues. L’objectif est donc de leur transmettre le message afin qu’ils consultent désormais les personnes handicapées sourdes lors de la conception de leurs projets, pour que leurs besoins soient réellement pris en compte », a expliqué le facilitateur.
Pour Ghislain Aledji, une participation active des personnes concernées constitue une condition indispensable à la réussite des projets. « Lorsqu’elles se sentent impliquées, elles adhèrent davantage aux activités et se considèrent comme des acteurs à part entière de leur mise en œuvre », a-t-il ajouté.
l’AST remet un argumentaire aux PTF
Au-delà des exposés théoriques, les participants ont pris part à des travaux pratiques à travers des études de cas. Ces exercices leur ont permis d’identifier des problématiques concrètes et d’élaborer des stratégies de plaidoyer adaptées à l’endroit des partenaires techniques et financiers.

À l’issue de la formation, plusieurs participants ont salué la pertinence des enseignements reçus. « Cet atelier nous a été d’une grande importance. Avant, nous ne connaissions pratiquement rien au plaidoyer. Aujourd’hui, nous avons acquis des connaissances précieuses qui seront déterminantes pour nos futures actions », a confié Xavier Sitti, membre de l’AST.
La rencontre s’est achevée par la remise d’un argumentaire de plaidoyer à l’ensemble des partenaires techniques et financiers présents. Ce document met l’accent sur la nécessité de faire de l’inclusion une norme et non une exception.
L’AST y rappelle que les personnes handicapées auditives doivent participer pleinement aux décisions et aux actions qui les concernent. L’association estime également que l’accessibilité et la présence d’interprètes en langue des signes ne constituent pas une charge supplémentaire, mais plutôt des investissements stratégiques favorisant la cohésion sociale, la réduction des inégalités et le renforcement de la justice sociale.






