Le Syndicat national des journalistes indépendants du Togo (SYNJIT) veut placer la précarité des professionnels des médias du secteur privé au cœur des préoccupations du Système des Nations Unies (SNU) au Togo. Jeudi 24 septembre 2026, une délégation du syndicat a rencontré à Lomé la Coordinatrice résidente du SNU-Togo, Coumba Dieng Sow, pour lui présenter les résultats d’une enquête sur les conditions sociales et professionnelles des journalistes du privé et lui soumettre un plaidoyer adossé notamment à l’Objectif de développement durable (ODD) 16.
Les chiffres présentés par le SYNJIT dressent un tableau préoccupant. Selon cette enquête réalisée entre avril et mai 2026, 91,3 % des journalistes du secteur privé déclarent gagner moins de 100 000 FCFA par mois. Parmi eux, 49,3 % disposent de revenus inférieurs à 50 000 FCFA mensuels.
L’étude relève également une forte instabilité professionnelle. 60,9 % des journalistes interrogés évolueraient sans contrat à durée indéterminée (CDI), dans des situations allant du contrat à durée déterminée (CDD) à la pige ou au bénévolat prolongé. À cela s’ajoutent des difficultés liées au paiement des salaires : 38 % déclarent subir des retards chroniques ou une irrégularité dans le versement de leurs rémunérations.
La protection sociale apparaît elle aussi comme un autre point de fragilité. Plus de la moitié des professionnels concernés ne bénéficieraient ni d’une couverture à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), ni d’une assurance maladie. Plus préoccupant encore, 78,3 % des personnes interrogées estiment ne pas pouvoir poursuivre leur carrière dans le journalisme jusqu’à l’âge de la retraite.

Un plaidoyer auprès du SNU-Togo
C’est sur la base de ce diagnostic que le SYNJIT a engagé son plaidoyer auprès du SNU-Togo. La rencontre du 24 septembre avait notamment pour objectif d’examiner avec Coumba Dieng Sow les pistes permettant de répondre à ce que le syndicat qualifie d’« urgence sociale » dans la presse privée togolaise.
Pour le SYNJIT, la situation des journalistes constitue également une question liée aux engagements internationaux du Togo en matière de développement. Le syndicat s’appuie notamment sur l’ODD 16, consacré à la paix, à la justice et aux institutions efficaces, en considérant que des médias professionnels et indépendants participent au fonctionnement démocratique et à l’accès des citoyens à une information fiable.
Le syndicat établit par ailleurs un lien avec l’ODD 8, relatif au travail décent et à la croissance économique. Il estime que le niveau de rémunération observé dans une partie de la presse privée, souvent inférieur au Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) national fixé à 52 500 FCFA, pose la question des conditions de travail et de la pérennité des carrières journalistiques.

À travers le partenariat envisagé avec le SNU-Togo, le SYNJIT souhaite ainsi contribuer à faire évoluer les conditions d’exercice du métier, notamment sur les questions de rémunération, de stabilité contractuelle et de protection sociale. L’objectif affiché est également de limiter le départ des professionnels des médias vers d’autres secteurs d’activité ou vers l’étranger.
Cette démarche intervient dans le cadre des 15 ans d’existence du SYNJIT célébrés le 26 août 2026. Le syndicat entend faire de cette nouvelle étape un levier pour renforcer son plaidoyer en faveur d’un cadre professionnel plus protecteur pour les journalistes du secteur privé.
La rencontre avec la Coordinatrice résidente du SNU-Togo constitue, selon le syndicat, un premier pas vers une collaboration destinée à faire connaître davantage la situation sociale des professionnels des médias et à rechercher des réponses adaptées.













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