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Semaine internationale des personnes sourdes : l’AST met l’inclusion au cœur des débats

AST

L’Association des Personnes sourdes du Togo (AST) a célébré, vendredi 16 octobre 2026 à Lomé, l’apothéose de la Semaine internationale des personnes sourdes, couplée au jubilé d’or de la langue des signes. À travers cette double commémoration, l’association a remis au centre des débats les droits des personnes sourdes, l’accessibilité des services et la nécessité de faire de la langue des signes un véritable outil d’inclusion sociale.

Placée sous le thème « Déclarer les droits humains des personnes sourdes », la célébration a été l’occasion de mettre en lumière les progrès accomplis, mais aussi les obstacles qui limitent encore la pleine participation des personnes sourdes à la vie collective. Cinquante ans d’histoire et d’évolution de la langue des signes constituent, pour les acteurs concernés, un repère important qui appelle à poursuivre les efforts de reconnaissance et de promotion de ce moyen de communication.

Pour le président de l’AST, Marcel Passoki, l’enjeu dépasse la seule question de la communication. La langue des signes représente également un élément fondamental de l’identité des personnes sourdes et un moyen de favoriser leur participation à la vie sociale. « Un peuple sans langue est un peuple sans histoire », a-t-il souligné, en insistant sur la nécessité de permettre aux personnes sourdes de communiquer dans les différents espaces de la société.

L’association plaide notamment pour une utilisation plus large de la langue des signes dans les services publics et les autres secteurs d’activité. Elle appelle également au renforcement de la formation des interprètes afin de réduire les difficultés de communication et de rendre les lieux et les services davantage accessibles aux personnes sourdes et malentendantes.

Des avancées, mais des barrières persistantes

L’accès à la langue des signes a déjà permis à plusieurs personnes sourdes de suivre un parcours scolaire et d’obtenir des diplômes, du collège à l’université. D’autres ont pu s’engager dans des formations professionnelles. Ces acquis témoignent des possibilités offertes lorsque les conditions de communication et d’apprentissage sont réunies.

Toutefois, les difficultés restent nombreuses. Les incompréhensions autour de la langue des signes, parfois réduite à tort à une forme de pantomime, contribuent encore à sa faible reconnaissance. Pour l’AST, une meilleure sensibilisation du public et des institutions est indispensable pour faire évoluer les perceptions et favoriser l’inclusion.

Le représentant du ministère de l’Action sociale, de la Solidarité nationale et de la Promotion de la femme, Mazama Esso Minza, a, pour sa part, appelé à une mobilisation collective. Selon lui, cet anniversaire doit aussi servir à mesurer le chemin parcouru et à identifier les efforts nécessaires pour construire une société plus inclusive.

La semaine a été marquée par plusieurs activités de sensibilisation. La cérémonie de clôture a également été ponctuée par la remise de certificats à une dizaine d’acteurs engagés dans la défense des droits et la promotion de l’inclusion des personnes sourdes et malentendantes.

Au-delà du symbole des cinquante années d’évolution de la langue des signes, l’AST entend ainsi maintenir la pression pour que les droits des personnes sourdes se traduisent davantage dans les pratiques quotidiennes, notamment à travers l’accès à l’éducation, aux services et à une communication adaptée.

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