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Togo/Grâce présidentielle : la la SMPDD en première ligne pour la réinsertion des ex-détenus 

Grâce présidentielle
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1 511 détenus ont bénéficié de la grâce présidentielle accordée en cette fin d’année 2025 au Togo. Au-delà de leur libération, l’enjeu reste désormais leur réinsertion dans la société. Sur ce terrain, l’Association Solidarité Mondiale pour les Personnes Démunies et les Détenus (SMPDD) entend jouer pleinement sa partition.

La grâce présidentielle accordée à 1 511 détenus constitue un gest
e à portée humanitaire et sociale. Annoncée lors de l’adresse sur l’état de la Nation devant le Parlement, la mesure a été officialisée par décret à l’issue du Conseil des ministres du 30 décembre 2025.

Si cette décision a suscité soulagement et espoir parmi les bénéficiaires et leurs familles, elle soulève également une question essentielle : comment garantir une réinsertion durable aux personnes qui retrouvent leur liberté ?

C’est précisément sur cette problématique que la SMPDD entend concentrer ses efforts. L’association, engagée depuis plusieurs années dans la défense des droits des personnes détenues et l’accompagnement des ex-détenus, a entrepris des actions en faveur de leur réinsertion professionnelle et sociale.

Présent à la cérémonie officielle de libération des bénéficiaires, Coco de Koffi Wonegnon, président de la SMPDD et ancien pensionnaire de la prison civile de Lomé, a insisté sur la nécessité d’accompagner les détenus au-delà de leur sortie de prison.

535 bénéficiaires ciblés par la SMPDD

Selon le président de la SMPDD, l’association a mené des consultations dans les établissements pénitentiaires du pays afin d’identifier les personnes susceptibles de bénéficier d’un accompagnement.

« Nous avons travaillé dans les quatorze prisons du pays et recensé 535 personnes, dont 250 à Lomé, qui bénéficieront de notre appui pour leur réinsertion professionnelle ou la mise en place d’activités génératrices de revenus », a-t-il indiqué.

L’objectif affiché est de permettre aux bénéficiaires de retrouver progressivement leur autonomie grâce à des activités économiques adaptées à leurs capacités et à leurs besoins. Pour la SMPDD, la réinsertion ne doit donc pas se limiter à la sortie physique de prison. Elle doit également permettre à l’ancien détenu de retrouver une place dans la communauté et de disposer de moyens légaux pour subvenir à ses besoins.

« Dehors, c’est difficile, mais la prison n’est pas mieux »

Conscient des difficultés auxquelles les ex-détenus peuvent être confrontés après leur libération, Coco de Koffi Wonegnon les a invités à faire preuve de courage et de persévérance.

« Dehors, c’est difficile, mais la prison n’est pas mieux. Il faut croire en soi et accepter de se battre honnêtement pour réussir », a-t-il déclaré.

Ces propos traduisent l’un des principaux défis de la réinsertion : éviter que les personnes libérées ne retombent dans la précarité ou ne soient confrontées à la stigmatisation qui peut accompagner leur retour dans la société.

L’accès à l’emploi, à la formation professionnelle et aux activités génératrices de revenus apparaît ainsi comme un levier déterminant pour réduire les risques de récidive et favoriser une réintégration effective.

L’humanisation du système carcéral en question

Le président de la SMPDD s’est également réjoui des efforts consentis par le Président du Conseil en faveur de l’amélioration des conditions de détention et de la prise en compte des préoccupations liées au monde pénitentiaire.

Pour l’association, la grâce présidentielle constitue un signal important en faveur de l’humanisation de la justice et de la réinsertion sociale.

Mais au-delà de cette mesure ponctuelle, les défis structurels du système carcéral togolais demeurent. La surpopulation carcérale, les conditions de détention, l’accompagnement psychologique et social, la formation professionnelle ainsi que les perspectives d’emploi des détenus et des personnes libérées restent au cœur des enjeux.

La question est donc désormais de savoir comment transformer la période de détention en une véritable étape de préparation au retour à la vie sociale.

Comment capitaliser sur les capacités et la jeunesse présentes dans les prisons ? Comment faire de la détention non pas une fin en soi, mais une étape vers une réintégration réussie ?

À travers son programme d’accompagnement des 535 personnes identifiées, la SMPDD entend apporter une partie de la réponse. La réussite de cette réinsertion dépendra toutefois de la mobilisation de l’ensemble des acteurs : pouvoirs publics, organisations de la société civile, secteur privé, familles et communautés.

Car, au-delà du nombre de personnes libérées, le véritable défi de la grâce présidentielle sera de faire de cette liberté retrouvée une nouvelle chance de reconstruire une vie digne et autonome.

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